Publications parues Revue de presse ministérielle de Mlle Nafissa SID CARA - 1959

Revue de presse ministérielle de Mlle Nafissa SID CARA - 1959

Les extraits de presse ci-après sont issus de la revue de presse établie quotidiennement à l’intention de Mlle Nafissa Sid Cara, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre de janvier 1959 à avril 1962. Evidemment focalisée sur les activités de la ministre et sur l’actualité en rapport avec sa mission, cette revue peut être cependant une source d’information sur les dernières années de l’Algérie française pour les chercheurs d’aujourd’hui et de demain. Un index, une table chronologique et des dates-repères ont été ajoutés à leur intention.
On notera :
- l’intérêt porté à l’époque, autant par la presse de la métropole que par la presse locale d’Algérie, à la personnalité et au comportement de la première femme musulmane membre d’un gouvernement français, première ministre femme de la Ve République.
- que les femmes d’Algérie furent à partir de 1958, considérées comme porteuses d’un espoir de paix dans la solution du problème algérien. On notera aussi combien les femmes d’origine européenne soutenaient la politique de promotion de la femme musulmane,
- que l’actualité ne se concentrait pas seulement dans le bouillonnement d’Alger ; la vie de l’Algérie était aussi celle des autres grandes villes et du bled.
- que les cadres de l’Armée française avec leurs épouses, s’impliquèrent fortement pour la promotion des populations musulmanes sur tout le territoire algérien, les officiers des

S.A.S et les EMSI en premier, avec le Mouvement de Solidarité Algérie-Sahara animé par Suzanne Massu et Nafissa Sid Cara.
- que les appelés du contingent n’étaient pas indifférents au succès de leur mission ; instructeurs ou personnels de santé, ils en étaient sur le terrain, des acteurs essentiels dévoués.
- que si les opérations militaires proprement dites et les faits de terrorisme ne sont pas rapportés par cette revue de presse, parce qu’ils n’étaient pas de la compétence de la secrétaire d’Etat, c’est aussi parce que la vie se poursuivait en côtoyant quotidiennement la violence. La ministre ne l’ignorait pas ; plusieurs fois, elle fut exposée à de réelles menaces.
- qu’à partir de mai 1958, les visites gouvernementales en Algérie reçurent le meilleur accueil populaire ; Michel Debré et d’autres membres du gouvernement firent plusieurs déplacements en Algérie.
- que le souhait d’une Algérie française, clamé très fort à l’unisson des communautés en ces journées de mai, trouva immédiatement des réponses gouvernementales qui, par la promotion sociale et le développement économique, allaient dans le même sens. Le chercheur saisira au travers du Plan de Constantine, le sens et l’enjeu des actions entreprises pour l’intégration politique et sociale des communautés.
- des propos d’élus ou notables, des articles de presse rapportés ici et là dès 1959, qui font très vite sentir monter l’incompréhension qui finalement, divisa les parties au débat politique.

Puissent le chercheur et le grand public, dans cette chronique de la vie quotidienne en Algérie entre 1959 et 1962, retrouver et conserver la mémoire d’une population qui croyait très fort au maintien de l’Algérie dans la France parce qu’elle se sentait française.
Le premier volume, consacré à 1959, montre que la population, tant européenne que musulmane, considérait encore cette année, comme une année d’espoir et de renouveau et ce grâce aux femmes d’Algérie.
La personnalité de Nafissa Sid Cara n’y fut pas étrangère. Je suis fier de lui avoir apporté mon concours et aujourd’hui de lui rendre cet hommage.
Mai 2012
Roger BENMEBAREK, préfet honoraire